À la découverte de la ruche

Tout le monde sait que ce sont les abeilles qui fabriquent le miel. Pourtant, bien peu savent expliquer exactement comment le nectar des fleurs se transforme en miel et quel est le fonctionnement précis d’une ruche.
Le miel est un produit sucré issu de la transformation du nectar des fleurs par les abeilles. Sous l’effet d’enzymes présents dans son jabot, le nectar commence à être transformé dès qu’il est ingéré par l’abeille ; les saccharoses sont transformés en glucose et en fructose.
A son arrivée dans la ruche, l’abeille butineuse transmet à une abeille receveuse qui poursuivra le travail de digestion des sucres. Puis le miel est transvasé dans des alvéoles de cire où, sous l’effet de la chaleur et de la ventilation créées par les abeilles ventileuses, il se déshydrate jusqu’à obtenir une concentration en eau d’environ 17%, alors que le nectar des fleurs est composé à 80% d’eau. Une fois le nectar transformé en miel, les abeilles déposent un opercule de cire sur l’alvéole, créant ainsi un stock de nourriture pour la ruche qui pourra se conserver jusqu’à l’hiver.

Il a été calculé que pour produire un kilo de miel, les abeilles devaient visiter plus de 5 millions de fleurs et parcourir l’équivalent de 40 000 kilomètres, soit l’équivalent d’un tour du monde pour chaque kilo de miel !

La récolte du miel est un travail épuisant pour les abeilles, puisque dès lors qu’elles quittent la ruche pour s’adonner à cette activité, leur espérance de vie n’excède pas 4 à 5 jours, alors que les abeilles vivent en moyenne 30 à 45 jours si l’on inclut le temps passé avant de quitter la ruche, et même plusieurs mois dans des conditions  d’hivernage où elles restent immobiles dans la ruche.
Une ruche compte au moment de la récolte du miel environ 80 000 abeilles. Parmi elles, on compte principalement des abeilles dites «ouvrières» qui sont des femelles stériles, environ 2000 mâles appelés «faux bourdons» et une seule femelle reproductrice appelée «reine». La reine est la mère biologique de toutes les abeilles de la colonie, en revanche les abeilles auront plusieurs pères biologiques différents. En effet, au moment de la reproduction, la reine se fera féconder par le plus grand nombre de mâles possible jusqu’à remplir totalement sa spermathèque. Ensuite, elle pondra pendant plusieurs années jusqu’à 2000 oeufs par jour qui seront fécondés grâce au stock de spermatozoïdes emmagasiné le jour de la reproduction. Ainsi pendant la durée de sa vie, la reine pourra donner naissance jusqu’à 6 millions d’abeilles !

UN TOUR DU MONDE POUR CHAQUE KILO DE MIEL

La reine pond principalement des oeufs fécondés qui donneront naissance à des  ouvrières, tandis que les oeufs non fécondés donneront naissance à des mâles.
Quand aux nouvelles reines, elles proviennent d’oeufs fécondés identiques à celui des ouvrières. Elle deviendront reine uniquement parce qu’elles sont nourries par les ouvrières non pas avec du miel mais avec de la gelée royale, substance blanche et gélatineuse produites par les glandes des abeilles nourricières. Cette différence de régime alimentaire entraînera un développement différent de la larve d’abeille qui deviendra de plus grande taille (environ 20 mm contre 12 mm pour une ouvrière) et sera pourvue d’un utérus, organe dont les ouvrières sont exemptes. Ce sont donc les ouvrières qui vont décider d’élever ou non de nouvelles reines, par exemple lorsque la reine de la colonie meurt ou qu’elle ne peut plus pondre.
Les ouvrières vivent et se consacrent entièrement à l’entretien et au nourrissage de la colonie. Leur vie est organisée en phases qui correspondent à des rôles précis au sein de la ruche.
Ainsi, les trois premières semaines de sa vie, l’abeille ne quitte pas la ruche. Elle  occupera au long de vie toutes les fonctions dévolues au ouvrières : nettoyeuse, nourrice, maçonne, manutentionnaire, ventileuse, gardienne, butineuse. Dans les  premiers jours après sa naissance, la jeune abeille commence par travailler au nettoyage des cellules : évacuation des déchets, remise en ordre des cellules après les naissances... Au 5ème jour, elle est capable d’assurer des fonctions de nourrissage des larves, tâche qu’elle accomplira jusqu’à 10ème jour environ.
Parallèlement, entre le 5ème et le 20ème jour, ses glandes cirières lui permettent d’assumer des fonctions de maçonnerie, elle participera donc à la construction des rayons en cire de la ruche. Puis l’abeille devient manutentionnaire, elle reçoit le butin des abeilles butineuses et se charge de le transférer après digestion des sucres dans des alvéoles. Elle assume également la fonction de ventilation, c’est-à-dire qu’elle bat des ailes en permanence pour assurer la ventilation de la ruche.

Puis elle devient gardienne, en se postant à l’entrée de la ruche et en surveillant les dangers éventuels ; elle contrôle également les abeilles à leur arrivée pour être sûre qu’elles appartiennent à la colonie – les abeilles d’une colonie se reconnaissent à leurs phéromones identiques pour toutes les abeilles d’une colonie – et elle refoule les abeilles étrangères qui viendraient piller du miel. A la fin de la vie, l’abeille quitte enfin la ruche et devient butineuse et va voler de fleurs en fleurs pour ramener à la ruche pollen et nectar qui serviront à alimenter la colonie.
En hiver, les colonies d’abeilles entrent en hivernation ; lorsque les sources de nourriture disponibles à l’extérieur de la ruche viennent à manquer, la ponte de la reine diminue et le nombre d’abeilles va chuter autour de 10 000 individus. Pendant cette période, l’activité des abeilles est réduite au minimum et elles se nourrissent du miel accumulé pendant l’été. Lors de froids intenses, les abeilles s’agglutinent et font vibrer leurs muscles pour maintenir la température de la ruche au-dessus de 12°. Elles  survivent ainsi à la saison hivernale et dès que les beaux jours reviendront, la reine se remettra à pondre et le cycle des abeilles reprendra son cours.


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